12/04/2006

L’ostéoporose

Qu’est ce que l’ostéoporose ?Contrairement à une idée fausse, l’os n’est pas une matière inerte mais un tissu vivant en perpétuel renouvellement. Notre capital osseux est ainsi au coeur d’un processus constant de démolition et de reconstruction. Quand cet équilibre se rompt, l’os devient poreux. C’est là qu’intervient l’ostéoporose ou "maladie des os fragiles".Littéralement, l’ostéoporose veut dire "os poreux". Loin d’être anodine, cette maladie touche trois millions de femmes ménopausées en France.L’os vivantStructure vivante, notre squelette se renouvelle chaque année de 10 %. Ce "remodelage osseux" est indispensable au maintien des fonctions mécaniques et métaboliques de notre charpente.Au coeur de ce processus, on trouve deux types de cellules :Les ostéoclastes chargés de détruire l’os ancien en y creusant des trous (résorption) ; Les ostéoblastes chargés de fabriquer l’os nouveau en partie grâce au calcium en comblant les trous (formation) "creusés" par les ostéoclastes. Si un déséquilibre apparaît entre ces deux phénomènes, les os peuvent devenir fragiles. Au cours de la vie, la masse osseuse est l’objet de trois grandes phases :Phase de croissance de la naissance jusqu’à l’âge de 20 ans environ. Pendant cette période, la formation prévaut sur la résorption et constitue le capital osseux de base ; Phase en plateau jusqu’à une trentaine d’années, les deux phénomènes s’équilibrent ; Phase de perte osseuse avec une perte progressive d’os de 0,5 à 1 % par an. Mais chez les femmes, ce phénomène s’accélère après la ménopause (arrêt des règles). Une épidémie silencieuseLors de la ménopause, le taux d’estrogènes s’effondre et cette carence hormonale favorise la destruction de l’os, qui prend le pas sur la reconstruction. Associé à une trop grande sédentarité (baisse de l’activité physique) ou à des carences en calcium, le squelette se met à "fondre". L’ostéoporose intervient lorsque votre capital osseux est trop faible ou la perte osseuse trop rapide. L’estimation de votre densité minérale osseuse s’établit par un examen radio appelé densitométrie osseuse.Selon David BêmeAinsi selon l’OMS, trois stades évolutifs ont été retenus pour décrire l’avancement de l’ostéoporose post-ménopausique :Ostéopénie : abaissement anormal de la masse osseuse sans symptômes apparents. On peut la considérer comme un facteur de risque ou plus volontiers comme le stade précoce de l’ostéoporose ; cet état est caractérisé par une densité minérale osseuse (DMO) comprise entre 1 et 2,5 déviations standard en dessous de la moyenne des jeunes adultes ; Ostéoporose sans fracture : altération de la masse osseuse et augmentation de la fragilité osseuse. Cet état est caractérisé par une DMO abaissée de plus de 2,5 déviations standard en dessous de la moyenne des jeunes adultes ; Ostéoporose sévère ou établie : identique au cas précédent mais en présence d’une ou plusieurs fractures. Des complications invalidantesLa diminution de la résistance osseuse est associée à l’apparition de fractures, dont la localisation peut varier. Chaque année, 130 000 femmes sont victimes d’une fracture causée par l’ostéoporose. Après 50 ans, ces traumatismes concernent 40 % des femmes et 14 % des hommes.Les principales complications ostéoporotiques sont :Des fractures du poignet ; Des tassements vertébraux (aplatissement en totalité ou en partie d’une vertèbre) ; Des fractures du col du fémur (os de la cuisse, au niveau où il "s’attache" à la hanche). Tous ces traumatismes sont douloureux et handicapants. Mais l’ostéoporose n’est pas une conséquence inévitable du vieillissement. Il est possible de prévenir cette perte osseuse grâce à de récents progrès thérapeutiques et diagnostiques.L'ostéoporose : un danger souvent sous-estiméL'ostéoporose est encore trop souvent perçue comme une conséquence inévitable du vieillissement et non comme une véritable affection. Telle est l'une des conclusions de l'enquête commandée par le Groupe de recherche et d'informations sur cette maladie. Zoom sur ces résultats.A la demande du Groupe de recherche et d'informations sur l'ostéoporose (Grio), l'Institut Louis Harris a interrogé 252 femmes âgées de 40 à 75 ans sur l'ostéoporose, dont 59 % étaient ménopausées. Découvrez leur vision parfois surprenante de cette maladie des os fragiles.L'ostéoporose n'est pas une fatalitéL'ostéoporose est perçue comme un problème lié au vieillissement autant que comme une réelle affection. Ainsi pour 44 % des femmes interrogées, cette maladie n'est rien d'autre qu'une maladie de l'âge. Seulement 16 % des femmes ménopausées et 24 % des femmes non-ménopausées la considèrent comme une pathologie à part entière. L'ostéoporose n'est pourtant pas une fatalité, des mesures préventives ou curatives permettent désormais de tenir tête à cette perte osseuse.Si 70 % des femmes savent que l'ostéoporose entraîne de fréquentes fractures du col du fémur, le tassement vertébral est un danger totalement sous-estimé. "Les deux fractures vedettes (poignet et col du fémur) sont bien connues, contrairement à celles des vertèbres. Ce phénomène est amplifié par l'utilisation du terme "tassement" moins inquiétant mais surtout moins évocateur que celui de fractures vertébrales. Résultat : la gêne et le handicap liés à ces problèmes sont passés trop souvent sous silence" commente le Pr. Christian Roux, président du Groupe de recherche et d'informations sur les ostéoporoses (Grio). Fort de son expérience clinique, ces fractures vertébrales sont fréquemment à l'origine de différences importantes entre la taille annoncée par la patiente et celle mesurée lors de consultation spécialisée. Une différence qui, selon lui, peut atteindre 5 à 10 cm !Des conséquences souvent minimiséesAu palmarès des maladies les plus redoutées, l'ostéoporose se classe en 5e position derrière le cancer, la maladie d'Alzheimer, l'hémiplégie et l'infarctus du myocarde. Pourtant, cette place d'honneur est à mettre en parallèle avec une autre hantise féminine. Le handicap est la conséquence du vieillissement la plus fortement crainte : marche difficile - 65 à 73 % -, dos rond - 27 à 30 % -, devant les rides et le relâchement de la peau - 21 à 29 %. "Les conséquences de la maladie sont bien souvent minimisées. Une perception qui se traduit bien par l'absence de lien entre la peur du handicap et l'ostéoporose alors que ces deux notions sont rarement étrangères" précise le Pr. Christian Roux. Alors que le risque de fractures liées à l'ostéoporose est connu pour près de huit femmes sur dix, le risque d'invalidité est minimisé. Seulement 56 % des femmes ménopausées ont conscience de ce danger (46 % des femmes non ménopausées).

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