26/03/2006

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Notez bien **[s]Cette section contient beaucoup de termes médicaux et s'adresse donc aux personnes ayant certaines connaissances médicales[/s].** · · La FM en 2002 Lors de notre dernier colloque, le Dr. Serge Marchand nous a présenté une conférence des plus intéressantes. Ce spécialiste du phénomène de la douleur s'est intéressé, avec son équipe et le Dr. Pierre Arsenault, à la douleur chez les fibromyalgiques. La FM en 2002 : · · Les causes de la FM Ce texte est le même que dans la section «Causes» de notre site mais il contient plus d'informations médicales. Les causes de la FM · · Consensus sur des définitions cliniques et des protocoles de traitement canadiens pour l'encéphalomyélite myalgique et la FM Les causes de la FM Le syndrome de la FM se manifeste souvent après une expérience traumatique, comme une chute, un accident de la route, une infection virale ou bactérienne, un accouchement, une intervention chirurgicale, un choc affectif, une série de stress ou une période de surmenage. Ces différents stress physiques et psychologiques semblent déclencher le syndrome. Parfois elle peut survenir sans cause apparente et même débuter durant l'enfance. Elle peut aussi accompagner d'autres affections médicales comme les polyarthrites, le syndrome de Gougerot, le lupus érythémateux diffus, l'hypothyroïdie, le syndrome de Raynaud et également certaines maladies infectieuses dont la maladie de Lyme ou l'hépatite C. Un facteur familial est certain, par exemple, les filles et les sœurs de fibromyalgiques ont plus fréquemment le syndrome que les autres. Il y aurait donc une prédisposition génétique à développer la FM Les recherches Les premières recherches avaient comme hypothèse que la cause de la FM était une inflammation des muscles. Les résultats n'ayant pas confirmé cette hypothèse, les scientifiques ont donc supposé qu'elle soit une affection psychiatrique. En fait, on peut supposer que FM et troubles psychiatriques relèvent plus d'une co-morbidité. Ainsi, les troubles psychiatriques dans la FM ne sont ni constants, ni stéréotypés (pas de profil psychologique manifeste) et sont associés de manière indépendante à la sévérité de la douleur. Voici les résultats d'une étude comparative entre des fibromyalgiques, des fibromyalgiques déprimés et des déprimés non atteints du syndrome : · · Chez les fibromyalgiques, il n'y a pas de différence dans les paramètres de la douleur. La FM des sujets non déprimés avaient simplement moins de répercussion sur leur vie quotidienne. · · Les antidépresseurs ne sont pas tous efficaces dans le traitement de la FM, les posologies sont de 5 à 6 fois moindres et le délai d'action du médicament est plus court que dans le traitement de la dépression. · · D'autre part, il n'y a pas de corrélation entre l'évolution des symptômes psychiatriques et l'évolution de la douleur. · · Enfin, pour la FM, l'efficacité des antidépresseurs est identique que les patients soient déprimés ou non. Lorsque la dépression et l'anxiété se manifestent, elles sont le plus souvent le résultat, plutôt que la cause de la FM. Les patients qui souffrent de la FM ne sont pas plus à risque d'être dépressifs que les patients qui ont d'autres désordres douloureux chroniques tel que l'arthrite rhumatoïde. Présentement, les chercheurs n'ont pas encore trouvé la ou les causes exactes de la FM et plusieurs hypothèses sont à l'étude. Cependant, les scientifiques s'entendent sur le fait que la FM résulterait d'une atteinte neurologique d'origine centrale. Voici quelques faits objectifs concernant la FM · · Un dérèglement du système nerveux central responsable du contrôle de la douleur La FM semble être un dysfonctionnement du système qui empêche certains stimuli de devenir des sensations douloureuses. Cette perception anormale transforme toute zone sensible en une source de douleurs. Il existe deux grands types de douleurs: les douleurs par excès de nociception, de loin les plus fréquentes, induites sur un système nerveux normal par un excès d'influx nociceptifs à partir de lésions tissulaires, et les douleurs neurogènes consécutives à des lésions des voies nerveuses intervenant dans la régulation de la douleur. Dans cette deuxième catégorie, les sujets perçoivent comme douloureuses des stimulations qui sont en dessous du seuil de la douleur chez des sujets normaux (courant d'air, effleurement, froid): c'est l'allodynie. Ils présentent également un seuil de tolérance à la douleur qui est diminué: c'est l'hyperalgésie. Alors que les douleurs neurogènes sont habituellement localisées dans un territoire précis, il existe dans la FM une diminution généralisée du seuil douloureux. Ce seuil est 2 à 3 fois plus bas que dans la population normale. Une diminution qui concerne tout type de stimuli : mécaniques, thermiques, électriques. Cette dysfonction du système nerveux central (SNC) peut avoir pour origine : · · une dysfonction endogène du système nociceptif, avec un déficit des contrôles inhibiteurs et des anomalies des neuro-modulateurs; · · Une sensibilisation des nocicepteurs périphériques. Des lésions tissulaires ou une exposition répétée à des stimuli périphériques douloureux, par le biais d'un excès de neuropeptides des fibres C qui véhiculent le message douloureux, induisent une modification de l'activité du SNC dont on connaît les propriétés de neuroplasticité. Cette modification de l'activité du SNC est à l'origine d'un état d'allodynie ou d'hyperalgésie pouvant persister même après guérison de la lésion tissulaire initiale. Ceci rendrait compte des FM associées à certains rhumatismes inflammatoires, des FM post-traumatiques et de l'augmentation de la prévalence avec l'âge, avec des stimuli douloureux répétés liés aux arthrosiques. · · Des niveaux anormaux de certains médiateurs chimiques appelés neurotransmetteurs (neuromédiateurs) Le phénomène de la douleur est modulé tout au long du parcours sensitif par des neurotransmetteurs, parmi lesquels on retrouve la sérotonine, la noradrénaline et la substance P. L'hypothèse d'un déséquilibre au niveau de ces neurotransmetteurs semble un indice important quant à l'origine des douleurs de la FM . Une étude publiée, il y a quelques années, révèle que beaucoup de patients fibromyalgiques ont un surplus de substance P (jusqu'à 3 fois plus que la normale), un transmetteur de la douleur, dans le liquide céphalo-rachidien. D'autres études subséquentes dénotent également le déficit de la sérotonine et de son précurseur, le tryptophane. La sérotonine est une substance chimique qui agit comme un thermostat pour réduire les effets douloureux de la substance P. La sérotonine fait partie d'un système d'inhibition de la douleur connu sous le nom de CIDN (contrôles inhibiteurs diffus induits par des stimulations nociceptives). Depuis peu, l'utilisation chez des patients atteints de FM d'une nouvelle classe d'antidépresseurs, les inhibiteurs de captage de la sérotonine, montrent des effets encourageants. Ces résultats laissent présager de la possibilité d'améliorer l'état clinique des patients en augmentant l'efficacité des contrôles inhibiteurs de la douleur. De plus, la sérotonine joue un rôle au niveau du sommeil. Dans les CIDN, une autre substance joue un rôle capital : la noradrénaline. Chez le fibromyalgique, la noradrénaline est significativement réduite dans le liquide céphalo-rachidien, suggérant-elle aussi son implication dans la FM. Le premier rôle de la noradrénaline est de maintenir une tension artérielle constante. En collaboration avec l'Association de la FM de l'Abitibi-Témiscamingue, des chercheurs procèdent à des études cliniques qui permettent d'évaluer les douleurs de patients fibromyalgiques traités par des inhibiteurs sélectifs de sérotonine, de noradrénaline ou des deux simultanément. Il s'agit ici d'une première mondiale puisque aucune étude n'a été réalisée à ce jour chez les fibromyalgiques au chapitre de la voie noradrénergique. · · Une altération des fonctions du système nerveux autonome Le système nerveux autonome assure le fonctionnement vital de base de l'organisme, comme la respiration, la circulation, la digestion et l'excrétion. Les patients souffrant de FM présentent des symptômes et des signes cliniques témoins d'une perturbation du fonctionnement des systèmes nerveux sympathique et parasympathique, composants du système nerveux autonome. Le rythme cardiaque semble significativement plus élevé chez les patients avec une FM que chez les sujets sains. De plus, les fibromyalgiques ont une variabilité du rythme cardiaque significativement plus basse que chez les sujets sains. Lors des études de la variabilité du rythme cardiaque, on calcule la balance entre les basses et hautes fréquences. Chez les fibromyalgiques, les basses fréquences sont plus hautes et les hautes fréquences plus basses que chez les témoins. En clair, la bande passante du rythme cardiaque chez les fibromyalgiques est plus étroite que chez les sujets sains. De plus, la qualité de vie, les possibilités physiques, l'anxiété, la dépression et la perception du stress sont fortement corrélées au rapport basses fréquences/hautes fréquences (BF/HF). Les fibromyalgiques souffrent d'un type particulier d'hypotension artérielle et certains patients ont des syncopes vasovagales liées à un dérèglement du système nerveux autonome, aussi, il existe un chevauchement entre FM et syndrome de fatigue chronique, or ce dernier s'accompagne volontiers de dysautonomie. Le système adrénergique est également perturbé et de nombreuses explorations fonctionnelles sont en faveur d'une hypotonie sympathique. Quoiqu'il en soit, la notion de déséquilibre du système nerveux autonome est importante pour le fibromyalgique, car il est la preuve objective de l'existence d'un dérèglement organique. · · Une mauvaise vascularisation dans certaines parties du cerveau À l'aide du SPECT scan (Single-Photon-Emission Computed Tomography), des auteurs ont démontré une réduction des flux sanguins au niveau du thalamus et du noyau caudé, structures impliquées dans la régulation du message douloureux. · · Un trouble du sommeil réparateur profond Les troubles du sommeil représentent un élément majeur de la symptomatologie avec : sur le plan clinique, un sommeil non réparateur, sur le plan électrique, l'existence d'intrusions d'ondes alpha pendant le sommeil lent profond (SLP) et sur le plan expérimental, l'apparition de FM chez les sujets privés de SLP. En fait, ces anomalies ne sont pas corrélées à la douleur et elles ont été également signalées dans le syndrome de fatigue chronique, le syndrome de sensibilité multiple et le syndrome de la guerre du Golfe. Il a été par ailleurs démontré que le pourcentage de FM est le même chez les femmes présentant des troubles du sommeil et celles qui n'en ont pas. · · Une perturbation du système neuroendocrinien Elle concerne principalement deux axes: 1. 1. Hormone de croissance : Dans 30% des FM, on a montré un déficit en hormone de croissance. Cette hormone est synthétisée pendant le sommeil lent profond, et sa diminution est en fait une conséquence des troubles du sommeil. Elle a un rôle dans l'homéostasie musculaire, ce qui pourrait rendre compte en partie de certains symptômes tels que la fatigabilité musculaire, la faible tolérance à l'exercice. Dans cette sous-population déficitaire, des auteurs ont montré la bonne efficacité d'un traitement par hormone de croissance. 2. 2. Axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien :Cet axe, impliqué dans la réponse au stress, est perturbé dans la FM avec une réduction des réponses de l'ACTH (corticostimuline) ou CRF et une réduction d'environ 30% des réponses de l'ACTH et de l'épinéphrine à l'hypoglycémie. Les mêmes anomalies ont pu être reproduites chez les rats exposés à des stress chroniques. Ceci pourrait rendre compte des FM par expositions aux stress répétés et de certaines FM post-traumatiques. Le stress est généralement une réponse positive qui permet à l'être humain de répondre de façon adéquate aux demandes qui lui sont imposées. Cependant, selon une équipe de chercheurs de l'UQAT, dans certaines situations, il peut induire des modifications anatomiques et physiologiques qui compromettent l'efficacité des mécanismes d'adaptation. Au niveau du système nerveux central, certains tresseurs vont jusqu'à engendrer des changements cellulaires irréversibles et ainsi induire des pathologies parfois chroniques. La douleur aiguë ou chronique est l'un des stress les plus fréquemment rencontrés chez l'homme. L'organisme répond à une douleur aiguë en faisant intervenir plusieurs systèmes et en particulier l'axe hypothalamo-hypophysaire-surrénalien. Dans certaines conditions, les mécanismes d'adaptation s'épuiseraient et entraîneraient l'apparition de syndromes cliniques dits de « mal adaptation ». L'un d'entre eux est le syndrome de la FM. On retrouve aussi chez les fibromyalgiques une déficience en mélatonine (celle-ci intervient dans la régulation des rythmes biologiques.), un manque de production de cortisol (hydrocortisone), un déficit en somatomédine C (réparation des micro lésions musculaires), plus discuté, une hyperprolactinémie ( la prolactine intervient dans la production de lait après l'accouchement) et la thyroïde est franchement anormale dans 10% des FM, mais les tests dynamiques sont perturbés dans près des 2/3 des FM. · · Le rôle des hormones sexuelles dans la FM. Les hormones sexuelles semblent jouer un rôle important dans l'incidence de la FM. Les hormones ovariennes ont probablement un rôle important. Il existe une recrudescence du syndrome après la ménopause et certaines FM peuvent être déclenchés par un changement de statut hormonal. Les hormones ovariennes interviennent par ailleurs dans la régulation de l'axe hypothalamo-hypophysaire. D'autre part, les voies métaboliques de la sérotine ne sont pas identiques dans les deux sexes, avec une synthèse augmentée de 50% chez l'homme par rapport à la femme. De plus, des études fondamentales chez l'animal nous permettent de croire que les hormones sexuelles participent au dérèglement du système de contrôle de la douleur. · · Des anomalies musculaires et du métabolisme énergétique On a déjà pensé que la FM était une condition inflammatoire, mais il n'y a aucune évidence inflammatoire ou arthritique qui a été trouvé. Présentement, l'hypothèse d'une atteinte musculaire au cours des FM est basée sur quelques données cliniques simples : le développement d'une FM à partir d'un syndrome myofascial local qui va s'étendre rapidement, ou encore la fatigabilité, la diminution de la force et de la résistance, la diminution de la capacité de relaxation, et la modulation de toutes ces anomalies par des interventions loco-régionales sont en faveur d'une participation du muscle aux très nombreux phénomènes physiopathologiques. En fait, on a pu démontrer des anomalies nettes dans près des 2/3 des cas. Il existe deux types de perturbations, l'une fréquente touchant la glycolyse, l'autre plus rare touchant la chaîne respiratoire mitochondriale. Ces deux sous-groupes sont confirmés par des anomalies cohérentes histologiques ou biochimiques donnant, dans le même pourcentage, les mêmes résultats. D'autres explorations indirectes confirment l'existence d'anomalies périphériques, liées les unes aux autres, et si l'électromyogramme est souvent normal, la télé thermographie, la clairance au xénon ou les sondes à oxygène et diverses explorations métaboliques sanguines ont démontré : · · des troubles de la micro circulation, que l'on peut rapprocher d'un déficit périphérique en oxyde nitrique (NO) (qui est un puissant vasodilatateur à l'effort et qui jouent un rôle essentiel sur les mécanismes nociceptifs), · · des anomalies de la production d'énergie avec une diminution de l'adénosine triphosphate (ATP) associé à des anomalies de la glycolyse (touchant notamment le pyruvate) ou plus rarement la mitochondrie (touchant notamment le complexe 1) · · Des anomalies du statut antioxydant avec notamment un déficit en glutathion. · · Des anomalies du système immunitaire De très nombreuses anomalies ont été signalées au cours des FM concernant les anticorps anti-muscles et anti-sérotonine (mais pas les anticorps anti-ADN), les cellules NK (lymphocyte T, «killer») et le rapport CD4/CD8 ainsi que certains dépôts d'immunoglobuline. Un lien entre l'administration de substances immunomodulatrices telles que les interleukines et l'apparition de FM est probable. De plus, les taux d'IgE et les tests d'allergie cutanée sont fréquemment anormaux. Même si certains facteurs immunologiques ou infectieux coexistent avec la FM, l'hypothèse immunitaire de cette affection ne semble pas être retenue ni les hypothèses microbiennes, virales ou parasitaires. Cependant, même si la FM n'est pas une maladie immunitaire ou infectieuse, certaines conditions immunologiques ou infectieuses pourraient peut-être déclencher le syndrome. Myalgie du système nerveux central Selon certains chercheurs, le terme « FM » qui signifie «fibro(fibre) - my(muscle) - algie(douleur)», devra probablement être changé dans le futur, car ce syndrome est beaucoup plus qu'un désordre des fibres musculaires. «Myalgie du système nerveux central» serait plus approprié, car les dysfonctions sont à ce niveau et ces désordres biochimiques affectent le corps en entier, pas seulement les fibres musculaires.

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